Peux-tu te présenter brièvement ? Marie Lecorre, je suis dans le Groupe Archer depuis 2016 lorsque le groupe reprend la STRADA (Société drômoise d’adaptation à la vie active) où je travaillais depuis 2000. Je suis diplômée d’un DESS de psycho et je voulais être institutrice mais je ne regrette pas d’être ici aujourd’hui !
En quoi consiste ton travail ? Organiser la production des ateliers et trouver des solutions en cas d’imprévus. Par exemple, s’il y a un arrêt de production à Valence on trouve une solution sur Romans. Il n’y a généralement pas une journée sans imprévu !
Peux-tu nous présenter les ateliers ? Il y a 50 salariés au total, encadrants compris. L’atelier de Valence travaille pour SFS qui fabrique et conditionne de la visserie. Nous effectuons la mise en grille et le laquage, puis les vis vont chez SFS et reviennent à l’atelier pour le conditionnement. Nous sommes intégrés à 100% au process de SFS. A Romans nous travaillons également la visserie pour d’autres clients pour lesquels nous réalisons le conditionnement et le parachèvement.
Quels types de public travaillent au sein des ateliers ? A Valence, ce sont surtout des femmes car les tâches demandent dextérité et cadence. Elles sont toutes issues des quartiers de Valence le haut et n’ont souvent jamais ou très peu travaillé. Des profils très éloignés de l’emploi classique mais avec une grande capacité d’adaptation et une forte motivation. A l’atelier elles retrouvent une écoute et de la reconnaissance, notamment en rapportant un salaire à la maison. Je me rappelle la toute première fois qu’elles ont reçu la carte cadeau du CSE, elles en avaient les larmes aux yeux en me disant « Je vais pouvoir faire un cadeau à mon fils ! »
A Romans, nous avons une équipe plus hétérogène et beaucoup de nationalités différentes. Il y a deux jeunes roumains, 18 et 20 ans, hébergés en foyer. Ils ne parlent pas français mais dégagent une énergie hyper positive, l’envie de travailler et d’apprendre. Aujourd’hui on dirait qu’ils sont là depuis des mois ! Il y aussi Tiboï, vietnamienne arrivée également sans parler français, aujourd’hui elle est contrôleuse pour l’équipe de Crouzet. La barrière de la langue n’est pas un problème dans l’industrie, on apprend et transmet par le geste.
Tous nos salariés sont en CDDI à temps plein et les 6 postes d’encadrants sont presque tous issus de l’insertion.
Qu’est-ce qui te motive le plus dans ce métier ? Je me suis découvert une passion pour l’industrie. L’organisation des productions, la gestion des imprévus, et se dire à la fin de la journée qu’on a réussi et que le client est satisfait.
Je suis là pour les clients mais ce qui fait que je me lève le matin ce sont mes équipes. Leurs parcours font aussi écho à l’histoire de ma famille, qui a fui l’Espagne de Franco. Ma mère n’a jamais travaillé jusqu’au départ de mon père. Le maire de Crest lui avait trouvé une place d’ASH à l’hôpital, alors qu’elle ne parlait pas bien le français. Je me suis toujours dis que quelqu’un lui avait laissé sa chance et surtout j’ai vu la transformation de ma maman.