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Entretien avec Romain Slitine, chercheur Groupe Archer et IAE Paris

Entreprendre au service du territoire

Qui êtes vous et comment avez-vous rejoint l’aventure Archer ?
Je suis chercheur en entrepreneuriat au sein du groupe Archer, et rattaché à l’IAE de Paris Panthéon-Sorbonne.
En 2013, j'ai publié L'économie qu'on aime (Editions Rue de l’Echiquier), avec Amandine Barthélémy et Sophie Keller sur les innovations sociales portées par le groupe Archer qui m'a amené à rencontrer Christophe Chevalier. Huit ans plus tard, j'ai choisi de faire ma thèse CIFRE portée par le groupe Archer qui est une des rares PME en France à investir sérieusement dans la recherche en sciences sociales. C'est un choix rare, et c'est précisément ce qui m'a convaincu.


Sur quoi portent vos recherches concrètement ?
Je travaille à conceptualiser ce qu'est une entreprise de territoire. Il s’agit d’une
une forme d'entrepreneuriat qui n'agit pas seulement dans un territoire, mais pour lui. Concrètement : comment le groupe Archer joue un rôle de chef d'orchestre des coopérations locales, comment il fait travailler ensemble des acteurs très différents, et ce que cela produit réellement pour le développement local. Je travaille aussi sur une question plus réflexive : en quoi la proximité entre chercheur et entrepreneur permet de produire des connaissances qu'on n'aurait pas pu obtenir autrement ?


Qu'est-ce qui rend le modèle du groupe Archer vraiment singulier ?
Trois choses. D'abord, la cohérence : le groupe Archer est un acteur privé dont la finalité, être au service du territoire , est alignée avec sa structure de propriété. La valeur créée reste sur le territoire. Ensuite, la durée : 40 ans de construction, de légitimité, de crédibilité. C'est à la fois utopique dans sa vision et très concret dans ses actes. Et enfin, le périmètre stratégique : le groupe Archer pense au-delà de ses propres frontières, elle aide d'autres acteurs à se développer. C'est rare, et c'est ce qui remet en cause les modèles d'entreprise qu'on enseigne habituellement.


Quel est l'enjeu de vos recherches pour le groupe Archer et au-delà ?
Mon rôle, c'est de produire un regard distancié sur la stratégie du groupe Archer — et de mobiliser une communauté académique de haut niveau pour lui donner une résonance internationale. Le groupe Archer intéresse aujourd'hui des chercheurs à Harvard, à l'ESSEC, à Audencia, à Lisbonne, à Grenoble. En France, son modèle a inspiré le premier PTCE ( Pôle Territorial de Coopération Économique), la dynamique Start-Up de Territoire, et influence des réseaux comme le COORACE. En Europe, il résonne avec les clusters d'innovation sociale. Ce qui se construit à Romans-sur-Isère a une portée bien plus large qu'on ne l'imagine.


Comment en êtes-vous venu à collaborer avec Archer ?
J’ai écrit en 2013 L’économie qu’on aime (ED **) et en 2019 j’ai décidé de faire une thèse en CIFRE portée par Archer.
Sur quels thèmes travaillez-vous actuellement ?
Autour du Groupe archer, je travaille à conceptualiser ce qu’est une entreprise de territoire.
Comment le Groupe archer est chef d’orchestre des coopérations sur le territoire ?
Comment il fait coopérer tous les acteurs au service du développement local, ce que cela produit sur le territoire et la valeur ajoutée.
Je travaille également avec Claire Champenoy, dont le sujet est le suivant : « En quoi la collaboration entre chercheur et entrepreneur permet de créer des connaissances nouvelles et en quoi cette proximité permet de révéler des choses ? » (supp ?)

En quoi vos recherches éclairent-elles les actions menées par Archer, et inversement, comment ce terrain nourrit-il vos travaux ?
Ces recherches apportent un retour distancié sur l’action du Groupe archer, sur sa stratégie et sur ses orientations. Cela permet d’ouvrir de nouveaux réseaux et de renforcer le rayonnement d’Archer, sa crédibilité au niveau national et international.
Un de mes rôles c’est de mobiliser une communauté académique, internationale et de haut niveau pour résonner quand on va publier à l’international.
Archer est devenu un exemple très emblématique qui intéresse de plus en plus de gens à l’international, je travaille ainsi avec plusieurs professeurs au sein de l’Université d’Harvard, de l’Essec et Audencia à Nantes, de la Nova Business School à Lisbonne de l’Université de Grenoble et de l’Université de Poitiers et de l’IAE de Paris.


Quels sont, selon vous, les éléments clés qui font la singularité de ce modèle ?
Archer est un acteur privé qui agit pour la cohésion des territoires et le développement des territoires. La valeur créée par Archer reste sur le territoire. La finalité et la manière de fonctionner sont alignées. C’est à la fois un modèle de transformation du territoire un peu utopique avec un discours d’espoir et d’avenir mais très concret dans les actions entrepreneuriales.
La mobilisation du territoire développe des coopérations locales et il est intéressant de comprendre comment cela remet en cause les modèles traditionnels d’entreprises.


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